Recommandations CNIL – 16 janvier 2026
Le 16 janvier 2026, la CNIL a publié ses recommandations finales sur le consentement multi-terminaux pour les cookies et autres traceurs.
Ces lignes directrices font suite à une consultation publique menée en avril 2025 et viennent préciser les règles applicables dans les environnements où les utilisateurs sont authentifiés à un compte (site e-commerce, plateforme en ligne, service SaaS, application, etc.).
L’objectif est clair : renforcer la transparence et le contrôle réel des utilisateurs lorsque leurs choix en matière de cookies s’appliquent à plusieurs appareils.
👉 Source officielle :
https://cnil.fr/fr/cookies-et-autres-traceurs-recommandations-finales-sur-le-consentement-multi-terminaux
Le contexte : des usages numériques multi-écrans
Aujourd’hui, un même utilisateur se connecte à un service depuis plusieurs terminaux : ordinateur professionnel, smartphone personnel, tablette, télévision connectée…
Dans ces environnements « connectés au compte », certains acteurs appliquent un choix de consentement unique à l’ensemble des appareils liés à l’utilisateur.
La CNIL reconnaît que cette pratique peut être pertinente sur le plan de l’expérience utilisateur, mais elle rappelle qu’elle doit être strictement encadrée pour rester conforme au RGPD et à la directive ePrivacy.
Une exigence centrale : une information claire et explicite
La CNIL insiste sur un point fondamental :
👉 l’utilisateur doit être clairement informé que le choix qu’il exprime (acceptation ou refus des cookies) s’appliquera à l’ensemble des terminaux associés à son compte.
Cette information ne peut pas être implicite ou noyée dans une politique de confidentialité. Elle doit être visible, compréhensible et immédiate au moment du recueil du consentement.
Refuser doit être aussi simple qu’accepter
Dans la continuité de sa doctrine, la CNIL rappelle que la symétrie des choix est une exigence incontournable.
Autrement dit :
- refuser les cookies,
- retirer son consentement,
doit être aussi simple, rapide et accessible que le fait de l’accorder.
Les interfaces qui facilitent l’acceptation mais complexifient le refus restent donc non conformes, y compris dans un contexte multi-terminaux.
Connexion depuis un nouvel appareil : un message temporaire recommandé
Lorsque l’utilisateur se connecte à son compte depuis un nouvel appareil, la CNIL recommande d’afficher un message temporaire d’information.
Ce message doit rappeler :
- les préférences cookies déjà enregistrées,
- le fait qu’elles s’appliquent à ce nouvel appareil,
- et la possibilité de les modifier à tout moment.
Il ne s’agit pas nécessairement de redemander le consentement, mais bien de garantir la transparence et d’éviter toute surprise pour l’utilisateur.
Que faire en cas de choix contradictoires ?
La CNIL reconnaît que des choix divergents peuvent exister avant l’authentification (par exemple entre un appareil personnel et un autre partagé).
Dans ce cas, elle laisse deux options au responsable de traitement :
- soit donner la priorité au dernier choix exprimé,
- soit maintenir les préférences déjà enregistrées dans le compte.
L’essentiel est que la règle retenue soit :
- documentée,
- cohérente,
- et expliquée aux utilisateurs.
Et demain : vers un consentement multi-propriétés
La CNIL a également annoncé le lancement, en 2026, de nouveaux travaux sur le consentement multi-propriétés.
L’objectif : définir un cadre permettant, à terme, de recueillir un consentement unique valable sur plusieurs sites ou services d’un même groupe.
Ce chantier est stratégique pour les groupes disposant de plusieurs marques, plateformes ou applications, mais il soulève des enjeux majeurs en matière de gouvernance, de transparence et de responsabilité.
Ce que doivent retenir les dirigeants
Ces recommandations envoient un message clair aux décideurs :
- le consentement multi-terminaux est possible,
- mais uniquement s’il respecte pleinement le contrôle et la compréhension de l’utilisateur.
Concrètement, cela implique de :
- revoir les parcours de consentement dans les espaces connectés,
- adapter les outils de gestion des préférences,
- aligner les équipes marketing, produit et juridique,
- et documenter les choix techniques et organisationnels.
Conclusion : une expérience utilisateur fluide, mais jamais au détriment du choix
Avec ces recommandations, la CNIL ne ferme pas la porte à des parcours numériques plus fluides.
Elle rappelle toutefois un principe fondamental : le confort ne doit jamais primer sur le consentement libre et éclairé.
Pour les entreprises, c’est l’occasion de transformer la gestion des cookies en un levier de confiance, plutôt qu’en simple contrainte réglementaire.
- auditer leurs dispositifs cookies et traceurs,
- concevoir des parcours de consentement conformes et lisibles,
- anticiper les évolutions à venir sur le consentement multi-propriétés.


